Vue normale

PLF 2026 : 1 milliard d’€ en moins pour les assos / 65 millions de Français-es impactés

3 novembre 2025 à 21:06

Le projet de loi de finances montre que le rôle essentiel des associations et l’urgence de leur situation financière ne sont toujours pas pris en compte à la hauteur des enjeux.


En 2024, les associations perdaient 2,2 milliards d’€. Aujourd’hui avec le PLF2026, c’est 1 milliard d’€ supplémentaire qu’elles risquent de perdre

Ces coupes budgétaires successives actent une mise en danger réelle des associations et surtout de leurs actions au bénéfice de la population.

En effet, derrière ces chiffres drastiques, ce sont des millions de personnes qui seront directement impactés, alors que les besoins sociaux ne cessent de croître. Il est légitime de craindre des conséquences brutales, en particulier pour l’éducation des enfants et des jeunes, l’accompagnement des plus vulnérables et le dynamisme et la cohésion des territoires.


Des coupes sur des sujets prioritaires pour les Français et Françaises

>>Jeunesse : 222 millions d’€ en moins<<

On note un impact direct sur le parcours éducatif et l’engagement des jeunes

  • Suppression du SNU : 65 millions d’€ en moins
  • Suppression des « colos apprenantes » : 36,8 millions d’€ en moins, soit 50 000 jeunes impactés
  • Baisse du mentorat : 4,5 millions d’€ en moins
  • Baisse du Service civique : 115 millions d’€ en moins, soit une perte de 40 000 volontaires

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>>Sport : 40 millions d’€ en moins<<

Un effet négatif sur la pratique sportive dès l’enfance est à craindre

  • Suppression du Pass Sport pour les 6 à 13 ans : 38 millions d’€ en moins
  • Baisse du dispositif « 2h de sport supplémentaire au collège »: 7 millions d’€ en moins

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>>Culture : 96 millions d’€ en moins<<

C’est la démocratisation et la diversité culturelles qui sont particulièrement mis à mal

  • Baisse pour le spectacle vivant : 36 millions d’€ en moins
  • Baisse pour l’éducation artistique et culturelle : 44 million d’€ en moins
  • Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER) : 16 millions d’€ en moins, soit près de la moitié du budget alloué

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>>Cohésion des territoires : 33 millions d’€ en moins<<

Les actions qui favorisent l’équité et les dynamiques territoriales sont menacées

  • Baisse pour les dispositifs spécifiques QPV (Réussite éducative, Adultes relais) : 20 millions d’€ en moins
  • Baisse pour les tiers-lieux : 12,3 millions d’€ en moins, soit 95% du budget alloué.

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Une remise en cause de la société du lien, de l’entraide et de la transition

Il ne s’agit que d’un aperçu des coupes drastiques envisagés. D’autres enjeux essentiels à la société sont lourdement impactés.

>Comme l’insertion par l’activité économique, dans le budget est amputé de 200 millions d’€, ce qui sacrifie directement le développement local et l’insertion socio-professionnelle des personnes éloignées de l’emploi.

>Comme l’économie circulaire avec une baisse de 70 millions d’€ et le fonds vert des collectivités qui se retrouve divisé par 2, soit un signal catastrophique pour la prévention des déchets et la transition écologique

>Comme l’inclusion numérique qui passe de 41,8 millions d’€ à 14 millions d’€ soit une baisse de +66% alors que 16 millions de personnes restent éloignées du numérique

>Comme la solidarité internationale dont le budget est une nouvelle fois sabrée alors que les enjeux internationaux n’ont jamais été aussi prégnants : 700 millions d’€ de moins dont 135 millions pour les lignes concernant les associations, impactant le volontariat international ou les dons alimentaires


Un rôle économique et social ignoré

Outre les actions et les projets que développent les associations, c’est leur fonctionnement structurel, autrement dit ce qui leur permet de fonctionner de façon stable (exemple : les emplois) qui est une nouvelle fois attaquée, dans une totale ignorance du rôle économique qu’elles jouent

La fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage pour les associations et fondations l’illustre parfaitement. Le coût supplémentaire global sera de 198 à 327 millions d’euros pour l’ensemble des associations et fondations. Une mesure qui va nuire aux très nombreux alternants accueillis dans les associations.

 

Le PLF 2026 finit d’asphyxier le secteur associatif déjà très fragilisé, comme des dizaines de milliers de personnes l’ont dénoncé partout en France le 11 octobre : #ÇANETIENTPLUS.

Le Mouvement associatif dénonce cette casse associative et ses effets dévastateurs sur la société actuelle et celle de demain. Il appelle les pouvoirs publics à entendre leur voix et à agir sans délai pour sauver un secteur qui, chaque jour, fait vivre la démocratie et la solidarité.

 

 

Santé financière des associations : plus qu’une alerte, une urgence

22 octobre 2025 à 08:00

Le Mouvement associatif et le Réseau national des maisons des associations (RNMA), en partenariat avec la Fédération nationale des centres sociaux (FCSF) et Hexopée et en lien avec l’Observatoire Régional de la Vie Associative (ORVA) des Hauts-de-France, ont réalisé une nouvelle enquête nationale sur la santé financière des associations en septembre 2025 auprès de 4300 répondants.

Les résultats de cette étude viennent accentuer ceux de la première enquête publiée au printemps dernier : aujourd’hui, la situation des associations est plus qu’alarmante, elle est urgente.

Une trésorerie qui ne s’améliore pas

Près de 70% des associations employeuses déclarent que le montant de leurs fonds propres demeure fragile ou nul ;

30% des associations employeuses déclarent avoir moins de trois mois de trésorerie dont 5% n’ont aucun mois d’exploitation en réserve.

Si l’on considère ces chiffres, c’est près de 90 000 emplois qui sont directement menacés pour les associations faute de trésorerie.

Par ailleurs, le fait que la situation soit identique en septembre par rapport à mars est particulièrement préoccupantes. Dans un contexte où les versements de subventions pourraient tarder davantage en cas de vote du budget, de nombreuses associations pourraient ne percevoir aucun financement public au cours des six prochains mois, laissant les associations en manque de trésorerie sans solution.

Des financements publics en berne

Près d’une association employeuse sur deux déclare avoir vu ses financements publics diminués en 2025. Pour une association sur 5, cette baisse a même été supérieure à 20%. Cette situation s’ajoute à une tendance de fond : en 20 ans, la part des subventions dans le budget des associations a diminué de 41%.

Au-delà de l’Etat, c’est l’ensemble des collectivités qui ont diminué leurs financements, confirmant qu’après la loi finance 2025, les associations ont subi une deuxième lame du fait des dotations en baisse des collectivités, accentuant les difficultés du secteur.

Des activités en baisse, face à des besoins croissants

Ces baisses de financements induisent une chute importante des activités : près d’une association sur quatre déclare diminuer ses activités en 2025.

La baisse des financements laisse les associations sans solutions, alors qu’elles sont sans but lucratif, qu’elles fonctionnent à 90% sur le bénévolat, qu’elles s’adressent à des publics fragilisés et qu’elles font face à des besoins sociaux croissants. Les associations sont prises en tenaille entre une hausse de la demande et une hausse de charge, sans que les pouvoirs publics ne répondent.

Des emplois en danger

Alors que le monde associatif représente environ 1,8 million de salarié-es, soit près de 10% de l’emploi privé en France :

  • près de 40% des associations déclarent réduire leur masse salariale ;
  • 9% des associations déclarent procéder à des licenciements ou des plans de sauvegarde.

D’après les données du Bulletin Officiel Des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC), l’année 2025 devrait être une année record concernant les plans de sauvegarde et les liquidations des associations. A titre comparaison, ces données ont été multipliées par deux en trois ans.

Les associations ont besoin de cohérence et de visibilité !

Aujourd’hui, ce rôle vital pour l’équilibre social et démocratique de notre pays est menacé. Une majorité de nos associations est à bout de souffle : ça ne tient plus !

Nous en appelons à la responsabilité de chacun. Il n’est plus acceptable de considérer le monde associatif comme une variable d’ajustement. Il est urgent d’arrêter de diminuer les financements des associations et de réengager le dialogue et la confiance sur les territoires avec les associations.

 

 

 

ÇA NE TIENT PLUS ! Appel à une mobilisation des associations le 11 octobre

3 septembre 2025 à 18:57

En cette rentrée, Claire Thoury, Présidente du Mouvement associatif, appelle les associations à se mobiliser le 11 octobre.

Dans son courrier envoyé le mercredi 3 septembre à l’adresse du monde associatif, elle rappelle ces chiffres vertigineux : 20 millions de bénévoles, 1,8 million de salariés et 67 millions de Françaises et de Français touchés par les actions des associations.

Et pourtant… le monde associatif traverse une crise sans précédent :
🔻 Baisse de financements
🔻 Précarité croissante et augmentation des besoins
🔻 Dégradation des conditions et risque de disparition

Alors même qu’affaiblir les associations n’a pas de sens :
💥 Elles changent concrètement la vie des gens
🗣 Elles offrent du pouvoir d’agir et renforcent les liens sociaux
⚡ Elles sont un remède à la crise démocratique que nous traversons

« Notre tissu associatif est quelque chose de merveilleux, un bien commun qui nous rend fiers et qui ne doit pas être sacrifié par les coupes budgétaires. » martèle Claire Thoury dans son courrier.

🗓 Pour ces raisons, une mobilisation totalement inédite pour Le Mouvement associatif est lancée : ce sera le 11 octobre prochain, partout ! Parce que ça ne tient plus !

#LesAssosFontMouvement : AG 2025 du Mouvement associatif

6 juin 2025 à 16:40

Aujourd’hui, vendredi 6 juin, Le Mouvement associatif fait son assemblée générale : un moment collectif qui réunit des représentant-es de chacun des organisations membres pour mesurer le chemin parcouru et échanger sur les défis et perspectives à venir

En ouverture, Claire Thoury a exposé son rapport moral en tant que présidente. Propos en écho direct au contexte politique et aux menaces sur les associations
▶ ❝Le Mouvement associatif, cette maison commune, a plus que jamais sa raison d’être, un rôle absolument décisif dans ces temps incertains pour fédérer l’action associative, pour lui donner de la voix et davantage de force.❞

Par la suite, HUET Mickael, délégué général, a présenté le rapport d’activité 2024. Une année dense, dont on peut retenir :
▶ la 3ème édition de DROIT DE CITÉ ! qui a réuni 1000 acteurs et partenaires associatifs autour de la question européenne
▶ nos fortes alertes sur la crise de financement des associations
▶ l’action continue pour préserver les libertés associatives
▶ le plaidoyer dans le cadre des élections européennes
▶ la lutte collective contre les idées d’extrême-droite
▶ notre nouveau rendez-vous pour mieux se faire entendre dans le débat public : la rentrée politique des associations
▶ l’installation du Mouvement associatif Martinique, résultat du travail de structuration qui se poursuit en Outre-Mer
▶ la présence renforcée au Salon des Maires avec la création de la Place des Associations

Après présentation des éléments budgétaires par la trésorière Carole Coupez, Hubert Pénicaud, président du comité d’évaluation parle du développement et du renforcement du réseau.
▶ Il rappelle qu’en 5 ans, Le Mouvement associatif est passé de 15 à 41 membres nationaux.
▶ Le renforcement de la structuration du réseau à echelle régional porte également ses fruits. On compte actuellement 14 Mouvements associatifs régionaux !
▶ Le déploiement se fait en veillant à la diversité, en cohérence aux objectifs de représentativité définis par le comité.

Vincent CLIVIO, secrétaire général, prend la suite des interventions pour présenter le nouveau manifeste et les nouvelles orientations stratégiques du Mouvement associatif

Pour finir, Le Mouvement associatif accueille 5 nouveaux membres :
▶ MJC de France
▶ Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France
▶ Fédération Addiction
▶ APF France handicap
▶ Réseau Cocagne
Chacun d’entre eux, à tour de rôle, exprime sa volonté de renforcer la dynamique en s’impliquant dans les travaux et en participant activement à l’action collective portée par Le Mouvement associatif.

Plus que jamais nous sommes déterminés à Faire Mouvement pour défendre le fait associatif

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