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Publication CNAPE : la prise en charge des mineurs auteurs d’infractions à caractère sexuel

26 janvier 2026 à 14:28

Les données chiffrées transmises par le ministère de la Justice révèlent qu’environ 11 500 mineurs sont mis en cause chaque année pour des faits de nature sexuelle, représentant près de 30 % des auteurs de violences sexuelles commises sur des mineurs. Entre 2017 et 2024, leur nombre est passé de 8 900 à 15 700, soit une augmentation de 76 %.

Cette évolution s’est accompagnée d’une hausse significative des prises en charge au titre du placement pénal, assurées notamment par le secteur associatif habilité, au sein de dispositifs tels que les centres éducatifs fermés (CEF) ou les centres éducatifs renforcés (CER).

Pourtant, la question des mineurs auteurs demeure aujourd’hui largement sous-appréhendée, tant dans le débat public que dans les politiques éducatives et sociales. Elle interroge profondément les représentations collectives de l’enfance, encore souvent idéalisée et associée exclusivement à l’innocence et à la vulnérabilité. Par cette contribution, la CNAPE appelle à une meilleure compréhension de ces situations complexes et à une réponse éducative adaptée aux enjeux qu’elles soulèvent.

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Publication des Références statistiques Justice – édition 2025

19 janvier 2026 à 15:01

Les données relatives à la justice pénale des mineurs retiennent particulièrement l’attention. Elles montrent une stabilisation du volume global des mineurs mis en cause, mais une évolution marquée de la nature des infractions, notamment en matière de violences.

Réponses pénales

En 2024 (données consolidées pour l’édition 2025), les parquets ont traité des dossiers concernant 176 400 mineurs, soit une légère baisse de 1,5 % par rapport à l’année précédente. Le taux de réponse pénale demeure élevé, atteignant 89,1 % pour les affaires poursuivables.

La population concernée est majoritairement adolescente : 48 % ont 16 ou 17 ans, 40 % ont entre 13 et 15 ans, 10 % entre 10 et 12 ans, et 2 % ont moins de 10 ans. Les garçons restent très majoritaires parmi les mineurs mis en cause, tandis que les filles, bien que minoritaires, sont en augmentation (+2 % par rapport à 2023).

En matière de réponses pénales :

  • 41 400 mineurs ont bénéficié d’alternatives aux poursuites (réparations, avertissements pénaux probatoires),
  • 45 229 mineurs ont fait l’objet de poursuites devant une juridiction pour mineurs,
  • Environ 30 000 mineurs ont été condamnés à une peine ou à une mesure éducative.

Typologie de la délinquance

Les statistiques mettent en évidence une mutation des motifs de mise en cause :

  • Les violences volontaires représentent 22 % des affaires (contre 18 % chez les majeurs),
  • Les atteintes aux biens demeurent importantes, avec 16 % de vols simples et 9 % de vols aggravés,
  • Les violences sexuelles constituent l’évolution la plus marquante : sur les quatre premiers mois de l’année 2025, 50,3 % des mineurs mis en cause l’étaient pour ce type de faits, une tendance en forte hausse depuis 2016.

Volume d’incarcération

Au 1er janvier 2025, le nombre de mineurs sous écrou s’élève à 810, en légère hausse par rapport à 2024. Parmi eux, 97 % sont des garçons et 89 % ont plus de 16 ans. Plus de la moitié (56 %) sont des prévenus en attente de jugement.

La majorité est détenue en quartiers mineurs en maison d’arrêt (68 %), contre 32 % en établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). La durée moyenne d’écrou est de 5,9 mois.

Enfin, les données concernant les centres éducatifs fermés (CEF) soulignent des facteurs de vulnérabilité importants : 26,8 % des jeunes placés ont un parent souffrant d’addictions sévères et 53,3 % ont un membre proche de leur famille ayant déjà connu l’incarcération.

Consulter le rapport 

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